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Art poetique francoys, pour l'instruction des jeunes studieux, & encor peu avancez en la poësie francoyse : avec le Quintil Horatian sur la Defense & illustration de la langue francoyse. Auquel est inséré à la fin un recueil de poësie francoyse, pour plus facilement entendre ledict art, A Paris. Par la veufve Francoys Regnault, 1555, in-16, f°103 R°
Introduction : ne nous méprenons pas, lorsque Aneau nous dit "Car Satyre est
autre chose", il ne différencie pas la Satire régulière latine du Coq à l'Ane français. La "Satyre" est pour lui un genre dramatique proche de la Sotie (cf. Satyre POUR LES HABITANTS D’AUXERRE de Collerye). Mais malgré cela, ce developpement reste tout à fait judicieux : conscient d'un disparité formelle (la "facture") difficilement unifiable, Aneau propose comme critére de distinction pour la Satire (le "satyrez"), une certaine tonalité et une certaine visée ("la sentence redarguante").
  Coqz à l'Asne sont bien nommez per leur bon parrain Marot, qui
nomma le premier, non Coq à l'asne, mais Epistre du Coq à l'Asne, le
nom prins sur le commun proverbe Françoys: saulte du Coq à l'Asne, et
le proverbe sur les Apoloques. Lesquelles vulgaritez à nous propres tu
ignores, pour les avoir desprisées, cherchant autre part l'ombre dont tu
avois la chair. Et puis temerairement tu reprens ce que tu ne scais.
Parquoy pour leurs propos ne s'entresuyvans, sont bien nommés du
Coq à l'Asne tels Enigmes satyricques, et non Satyres. Car Satyre est
autre chose. Mais ilz sont satyrez non pour la forme de leur facture, mais
pour la sentence redarguante à la manière des satyres Latines. Combien
que telz propos du Coq à l'asne peuvent bien estre adressez à autres
argumens que satyricques, comme les Absurda. de Erasme, la farce du
sourd et de l'aveugle, et l'Ambassade des Cornardz de Rouan.
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