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Edito :
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Ce site se veut une approche de la poésie satyrique du début du XVII siécle, et essaie de rendre compte de manière plus générale de la Satire Classique au XVI et XVII siécle.
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Voici
deux extraits d'Horace qui furent (entre autres mais en grande partie) à
l'origine de l'erreur étymologique effectuée par Donat et Diomède,
respectivement, au IV° siècle et V° siècle et qui fut reprise jusque tard au
XVII° siècle, voire même jusqu'au XVIII°, malgré une mise au point des plus
claires par Casaubon en 1605.
Extrait 1 : Art
Poétique v.220-239, traduction par LECONTE
de LISLE
| [220]
Celui qui, pour un vil bouc, disputa le prix du poème tragique,
montra ensuite les Satyres dans leur rustique nudité, et fit l'essai,
sans nuire à la gravité de la tragédie, d'un jeu plus rude: il
fallait, par le charme d'une agréable nouveauté, retenir le
spectateur après le sacrifice et les [225] copieuses libations où il
laissait sa raison. Mais on doit présenter ces satyres rieurs et
bavards et mêler le plaisant au sérieux, sans aller jusqu'à
conduire dans une sombre taverne, au milieu de gens au langage
grossier, un dieu ou un héros qu'on vient de voir couvert, comme un
roi, d'or et de pourpre. Cependant, pour éviter de,
[230] ramper, il ne faut pas se perdre dans les nuages. Il ne
convient pas à la tragédie de débiter des vers sans dignité, comme
une dame, qui, un jour de fête, danse pour remplir un devoir
religieux; elle ne fréquentera qu'avec une certaine réserve les
Satyres effrontés. Pour moi, chers [235] Pisons, si j'écrivais un
drame satyrique, je ne me bornerais pas à l'expression simple et au
mot propre, et je ne travaillerais pas simplement à proscrire le ton
de la tragédie, en donnant à Dave et à l'effrontée Pythias, quand
elle fait cracher un talent au vieux Simon son maître, le même
langage qu'à Silène, nourricier, gardien et serviteur de Bacchus. |
Carmine
qui tragico uilem certauit ob hircum,
mox etiam agrestis Satyros nudauit
et asper
incolumi grauitate iocum temptauit
eo quod
inlecebris erat et grata nouitate
morandus
spectator functusque sacris et
potus et exlex.
Verum ita risores, ita commendare dicacis
conueniet Satyros, ita uertere
seria ludo,
ne quicumque deus, quicumque
adhibebitur heros,
regali conspectus in auro nuper et
ostro,
migret in obscuras humili sermone
tabernas,
aut, dum uitat humum, nubes et
inania captet.
Effutire leuis indigna tragoedia
uersus,
ut festis matrona moueri iussa
diebus,
intererit Satyris paulum pudibunda
proteruis.
Non ego inornata et dominantia
nomina solum
uerbaque, Pisones, Satyrorum
scriptor amabo,
nec sic enitar tragico diferre
colori
ut nihil intersit Dauusne loquatur
et audax
Pythias, emuncto lucrata Simone
talentum,
an custos famulusque dei Silenus
alumni.
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Extrait 2 : Satires
I, 4 v.1-13, traduction par LECONTE
de LISLE
| Eupolis,
Cratinus, Aristophanès et les autres poètes de l'ancienne comédie
flétrissaient en toute liberté ce qui méritait d'être décrit,
un méchant, un voleur, (5) un adultère, un sicaire, ou tout homme
infâme. Lucilius procède entièrement d'eux; il les suit, mais en
mètres et en rythmes différents, plaisant, d'un flair subtil, mais
composant des vers durs. Car c'était là son défaut. Il dictait
souvent, (10) au pied levé, comme une grande merveille, deux cents
vers en une heure. Il y avait dans ce courant fangeux des choses à
recueillir. Bavard d'ailleurs et paresseux quand il fallait se
donner la peine d'écrire, de bien écrire, j'entends, car beaucoup,
je ne m'en soucie nullement. |
Eupolis atque Cratinus Aristophanesque poetae
atque alii, quorum comoedia prisca uirorum est,
siquis erat dignus describi, quod malus ac fur,
quod moechus foret aut sicarius aut alioqui
famosus, multa cum libertate notabant.
hinc omnis pendet Lucilius, hosce secutus,
mutatis tantum pedibus numerisque, facetus,
emunctae naris, durus conponere uersus.
nam fuit hoc uitiosus: in hora saepe ducentos,
ut magnum, uersus dictabat stans pede in uno;
cum flueret lutulentus, erat quod tollere uelles;
garrulus atque piger scribendi ferre laborem,
scribendi recte: nam ut multum, nil moror.
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