Satire et Poésie Satyrique
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Edito :
Ce site se veut une approche de la poésie satyrique du début du XVII siécle, et essaie de rendre compte de manière plus générale de la Satire Classique au XVI et XVII siécle.


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FLEURET Fernand, PERCEAU Louis. Les Satires françaises du XVIIe siècle, recueillies et publiées, avec une préface, des notices et un glossaire. Paris: Garnier frères, 1923, volume 1, pref. VII-XI


 

Origine, apparition et formation du genre satyrique

Le goût des Princes gouverne le plus souvent les modes littéraires, ou parfois des fait naître. On a vu Charles IX inciter Ronsard à la Satire politique et « s’offir mesmes à n’en estre exempt », dit Claude Binet. Henri IV, lui, ne fut pas étranger au développement de la Satire de Mœurs, car il détestait les hypocrites et se plaisait aux saillies, aux propos épicés que Sigognes ne lui épargnait pas, et auxquels il dut sans doute sa fortune de courtisan. La bonté naturelle du Rois, sa politique d’apaisement, ne l’avaient pas incliné à se chercher des comme Charles IX des défenseurs. Aussi, parmi les innombrables poètes qui pleurèrent sa mort, il en est peu qui trouvèrent des accents énergique pour venger son assassinat. […]

La satire de Mœurs, que l’on peut dire favorisée par Henri IV, découle cependant des Gayetés et du Livret de Folastries, et c’est maintenant qu’il convient  d’employer l’y étymologique pour distinguer la poésie licencieuse de la Satire proprement dite.

Le premier Recueils libres du siècle est la Muse Folastre de 1600, qui itre son nom des huits Folastries qu’elle contient, et qui, de 1600 à 1640, eut au moins quinze éditions. Elle engendre les Muses gaillardes de 1609, dont les mêmes Folastries, réunies sous la rubrique de gaillardises, ont inspiré le titre général : enfin, elle fait clore une douzaine d’autres recueils, qui servirent la renommée de toute une école d’où sont issus Mathurien Régnier et Théophile de Viau. Dans ces florilèges gaillards, qui opposent la poésie gauloise et familière à la poésie savante, on a cru découvrir les premiers indices d’une réaction contre la Pléiade. Cependant, il n’en est rien : du Livret de Folastries, les Satyriques furent naturellement amenés à l’imitation de Marot, surtout dans le coq-à-lâne, interdit par Du Bellay ; mis en appétit d’épuiser la matière, ils imitèrent toutes les productions du libre génie français. C’est ainsi que Rabelais leur devint plus familier qu’a ses propre contemporains. Les allusions à son Œuvre le prouvent abondamment, que l’on en rencontrent qu’une fois au Livret de Folastries dans toute la production poétique de la Pléiade ; et même Pantagruel leur servit de véritable cahier d’expressions. Mais il est un fait important, qui prend la valeur d’un manifeste littéraire : Malherbe ni Maynard ne figurent dans la Muse Folastre. Dans les Muses Gaillardes, le collecteur ne leur fit honneur que de trois pièces. Par contre, on y trouve, avec celui de Ronsard les noms de Belleau, d’Aubigné, Guy de tours, Hédelin et Peletier du Mans. Dans la Muse Folastre de 1600, Du Bellay prend place avec quatres piéces. Deux d’entre elles ont une influence décisive : la Courtisane Repentie, et le Contre-Repentie, traduite du P.Gilberte. Cette influence sur le choix du sujet est renforcée par la III folastrie, celle de Catin, l’un des prototypes de la Perette de Sigognes, de la Vieille de Sieur de Lespine et de la Macette de Régnier.

Enfin, attestant l’inspiration constante du gentil angevin, parallèle à celle de Ronsard, la Vieille Courtisane Romaine reparaît séparément en 1610.

Ces modèles, la Catin de Ronsard, et la Courtisane de Du Bellay, les satyriques les copient, les déforment ou les amplifient avec une monotonie fatigante. Que l’on n’imagine pas que la Cour et la Ville fourmillent à ce point de sybilles et de maquerelles. C’est que leurs maîtres n’avaient pas laissé de peintures de moeurs piquantes, ni qui se rapportassent davantage à leur conception de la Satire. D’autres part, ils pouvaient prétendre s’être inspiré à des sources communes, la Dipsas d’Ovide, l’Acanthis de Properce, la Canidie d’Horace, la Célesine de Rojas et la Vie de Laïs de Pierre Arétin ; au lieu qu’en imitant le Poète Courtisan, par exemple, ils étaient accusés de servilité.



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