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Filbert Bretin Satyre à un calomniateur de ses vers, sourd et mal sain, en forme d'Ode dans POESIES AMOUREUSES REDUITES EN forme d'un Discours de la nature d'Amour. PAR FILBERT BRETIN Bourgongnon Aussonois. Plus les meslanges du mesme Auteur., Lyon, Benoist Rigaud, 1576. (f.57v°-58r°)
Nous éditions le texte d'aprés l'exemplaire de la BM de Besançon : 203794
Satyre à un calomniateur de ses vers, sourd et mal sain, en forme d'Ode.
QUand la chienne porteflamme
Sur le quadruple humoral,
Qui çà bas range nostre ame,
Faisoit son cours memoral
Des aspects de soy naissans
Espaississoit tous tes sens,
Recuisant l'imaginaire
En durté qui recevoit
L'impression qu'on y voit
D'une envie temeraire.
Car alors une musique
S'eslançoit hors de mes doigts,
Fredonnans un chant lyrique
Par sus le creux vouté bois :
Mais le son melodieux
Qui se trouvoit odieux
Dans une oreille blessée,
A couvé l'envieux soin
Degraissant ton embonpoint
Au milieu de ta pensée.
Ainsi que ton corps malade
Ne trouve goust à l'apas,
Ainsi l'esprit lent et fade
Plaire en rien ne se peut pas :
Parquoy tout premierement,
Ains qu'assoir ton jugement
(S'il faut qu'un aveugle juge
Et decide des couleurs)
Sur mes vers et leurs valeurs,
Fay que ton cerveau se purge.
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