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Poésie et poétique sous Henri IV: Pierre de Deimier (~ 1580 - ~ 1620) et ses contemporains
KUFNER Roland, Poésie et poétique sous Henri IV: Pierre de Deimier (~ 1580 - ~ 1620) et ses contemporains, DPhil thesis : Faculty of Medieval and Modern Languages and Literature : University of Oxford, 2005 (2006), 351 p.
Résumé
Le but de notre thèse est de réévaluer la poésie et la poétique du règne d’Henri IV en considérant en particulier la relation entre le texte littéraire et les réflexions théoriques sur l’écriture. Le parcours intellectuel de Pierre de Deimier d’Avignon (~1580 - ~1620) et surtout sa poésie amoureuse et épique, ainsi que son art poétique, sont un jalon exemplaire des recherches d’un nouveau style en poésie et de l’évolution rapide du goût au tournant du siècle. Depuis la réforme malherbienne, la critique littéraire ne donne pas une idée juste de Deimier: elle fait l’éloge du théoricien « classiciste » et réfute le poète « baroque ». Une étude micro-textuelle et chronologique de son œuvre poétique et théorique vise à corriger cette perception.
La familiarité avec trois mondes culturels différents, savoir la Provence, la Savoie et Paris, influence nettement l’évolution esthétique de la poésie amoureuse et épique de Deimier ainsi que sa réflexion théorique. La quête du mécénat et les attentes des lectorats différents incitent Deimier à revisiter ses vers et à se réinventer comme poète.
Artiste éclectique, il compose un canzoniere d’inspiration néo-pétrarquiste, rédige un florilège de vers qui se distingue par ses essais stylistiques de toutes sortes; ses poèmes religieux et profanes sont même repris dans une anthologie du temps. Sous l’influence de modèles italiens et français, une première épopée purement martiale cède la place à une œuvre épico-romanesque qui délimite les frontières traditionnelles du genre. L’œuvre de Deimier reflète les préoccupations esthétiques de ses collègues tout en gardant son authenticité individuelle.
Ces procédés sont accompagnés de réflexions poético-théoriques dans les paratextes de son œuvre, dans les annotations d’une traduction belle-infidèle et dans un art poétique novateur, apogée de son parcours intellectuel. A travers les commentaires sur ses propres œuvres et les ouvrages d’autrui Deimier prône une nouvelle esthétique. Cette double activité de poète et de théoricien le range ainsi parmi les figures clés de l’Ancien Régime, comme Ronsard, Malherbe ou Boileau.
(Nous remercions M. Roland Kufner de nous avoir transmis le résumé de sa thèse)
Mise en ligne : 01/10/07
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