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du premier dix-septième siècle
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L’Esculape et son art à la Renaissance. Étude sur le discours préfaciel dans les ouvrages de médecine française (Ca. 1525-1650)


      KOZLUK Magdalena, L’Esculape et son art à la Renaissance. Étude sur le discours préfaciel dans les ouvrages de médecine française (Ca. 1525-1650), Thèse de doctorat : Etudes supérieures de la Renaissance : Tours, Université François-Rabelais, 2006, 2 volumes, 384 f. et 124 f.


Résumé
     Longtemps asservie à un christianisme militant en expansion, la médecine en vient, au cours de la Renaissance, à se libérer de plusieurs de ses chaînes. L’ampleur de ce processus, on peut la mesurer à l’aune des livres consacrés à la médecine qui, dès la fin du Moyen Age, paraissent en nombre toujours croissant. Ils apportent un témoignage précieux sur les modifications que cette science subit alors.
     Dans ma thèse je voudrais me pencher sur les pièces liminaires des traités médicaux publiés en France au seuil de la modernité (approximativement de la fin du Moyen Age à la révolution cartésienne), et, en particulier, examiner le discours préfaciel pour en dégager les éléments constitutifs de l’image du médecin et de celle de la médecine. Cela reviendra à apprécier, dans le corpus, la part de l’héritage antique et médiéval d’un côté et les nouveautés de l’autre.
     Dans un premier temps, je vais envisager les figures récurrentes du médecin. D’un côté, le moraliste qui ne cesse pas de penser au salut de l’âme de son lecteur; de l’autre, le praticien qui s’empresse de lui fournir un ensemble de principes et de règles utiles à conserver la vie ; ici, le traditionaliste passionnément attaché à une vision de la médecine, « dogmatique et rationnelle », que soutiennent les intouchables autorités ; là, le novateur, cherchant avec fruit à glisser dans son propos officiel des commentaires courageux ou des idées originales – ce ne sont là que quelques-unes parmi les images caractéristiques du discours préfaciel, qui font promouvoir le métier en question à une échelle jusqu’alors inconnue. En étudiant ce lieu privilégié où se construit en direct le sujet de l’énonciation, je me demanderai quels sont les types et les caractères du médecin; comment il se définit par rapport à d’autres représentants de sa profession; quelles sont les fonctions qu’il s’attribue et comment il détermine son statut dans le système de communication qu’est le texte écrit.
     Le mouvement le plus manifeste de la Renaissance, pour la médecine, est celui qui se laisse observer dans la pédagogie de cette discipline. Se multiplient traités scientifiques, compilations, manuels, ouvrages de vulgarisation etc., et le français, en rivalisant avec le latin, s’impose peu à peu comme langue du discours médical. Certes, les noms d’Hippocrate, Galien ou Avicenne y occupent une place sûre, mais, grâce à un Jean Fernel ou un André Du Laurens, le souffle de la nouveauté s’y fait bien perceptible. Quand il faut justifier l’intérêt de leurs oeuvres, les auteurs insistent sur le fait, par exemple, que les écrits des Anciens sont d’un accès difficile et rédigés avec prolixité. Avec cette vague de publications destinées à un groupe de lecteurs laïcs de plus en plus vaste, on assiste à une sorte de désacralisation de la médecine: autrefois réservée à une élite d’initiés jaloux de leurs secrets, elle est maintenant généreusement mise à la disposition de toute personne désireuse d’en connaître les mystères. Cela ne veut pas dire que l’on dépouille la médecine du prestige dont elle jouissait plus tôt. Au contraire, bien qu’elle continue à se flatter de détenir une vérité absolue et authentifiée par l’idéologie chrétienne, la science du corps humain, de plus en plus avide de mettre à profit les données empiriques, semble animée par le même esprit qui, à cette époque-là, fait sensiblement progresser d’autres sciences. D’où par exemple, probablement depuis le concile de Trente, cette image de ses défenseurs qui luttent avec vigueur contre les partisans de la médecine populaire. La noblesse qui lui incombe dérive sans doute aussi des diverses fonctions qu’on lui assigne, morale, pratique ou cognitive. De plus, les écrivains ont tendance à développer tout un imaginaire lié à la médecine et fait de représentations tantôt stéréotypées, tantôt novatrices. Dans le deuxième temps de ma thèse je me concentrerai donc autour des axes de réflexion tels que : la réception de la médecine ancienne à la Renaissance, la pédagogie et les fonctions de la médecine, la médecine face à d’autres sciences et formes du savoir, la rhétorique mise au service de la médecine.



      Mise en ligne : 06/07/08

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