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Une nouvelle collection aux éditions du PUF en coédition avec la Fondation Martin Bodmer : la collection Sources



Présentation de la collection

   L’ambition est de reproduite, en respectant scrupuleusement leur historicité et leur matérialité, quelques-uns des textes marquants qui ont contribué à façonner notre culture. Anciens ou modernes, manuscrits ou imprimés, canoniques ou méconnus, ces ouvrages, qu’ils soient illustrés ou servis par une graphie attrayante, montrent quel peut être le rôle, souvent décisif, de l’image et du plaisir sensuel dans la gestation et la transmission du patrimoine écrit.
Telle est l’idée, ou plutôt la double idée, qui a procédé à la genèse de la collection. Puissent les leceurs contemporains trouver dans ces livres, conçus comme des objets d’art et de plaisir, les sources de notre imaginaire commun.

Quatre textes ont inauguré le 9 novembre cette prestigieuse collection :
-La Manière de traiter les plaies d'Ambroise Paré
-XXV Fables des animaux d'Estienne Perret
-Mon voyage en Egypte et en Syrie carnets d'un jeune soldat de Bonaparte de Joseph Laporte
-Noces et autres histoires russes de Ramuz et Strawinsky.

Les deux premiers nous intéressent tout particulièrement.


PARE Ambroise, La Manière de traiter les Plaies (préface de Marie-Madelaine Fragonard), Paris, PUF-Fondation Martin Bodmer, Sources, 2007
Présentation
   « Au lecteur près avoir frequenté les guerres depuis quinze ans en ça, tant en Piedmont qu'és autres lieux, me fuis mis en debuoir de t'efcrire brefuement tout ce que i'ay peu cognoiftre & experimenter (...) : pour te donner moyen (...) par lequel tu puiffes penfer & traicter ceux qui feront bleffez és guerres ». Ambroise Paré
   « Certes, depuis ce premier ouvrage de 1545, Ambroise Paré a écrit plus, et sur des sujets plus excitants, tel le Traité des monstres, ou des ouvrages plus ambitieux, mais il n'a pas effectué d'acte plus fondateur que celui qui consiste, pour un modeste chirurgien, à réfuter des pratiques admises. Et par la banalité de son propos même, qui ramène à l'ordinaire, à la nature, au combat de l'art médical pour aider la nature, aux malheureux humains dans leur condition si fragile, La manière de traiter les plaies peut séduire le lecteur moderne et, avouons-le aussi, par le soulagement qu'il inspire : les progrès de la médecine nous sauvent en partie de l'horreur des situations décrites, de l'improvisation des soins. Premier livre de Paré et explosion de sa modernité créatrice, dont on mesure mal combien elle est combative dans son propos utilitaire, La manière de traiter les plaies illustre la science en français, compréhensible, généreuse et didactique : il faut que l'utilité et le contentement du lecteur s'équilibrent. Choisir pour ses débuts les plaies par armes à feu est un thème hardi sans être inconnu. Car cette innovation a des prédécesseurs illustres : la chirurgie réparatrice des blessures par armes à feu a déjà été explorée par Jean de Vigo, chirurgien du Pape Jules II, dans un ouvrage édité à Rome en 1514, traduit en français en 1525 ; c'est lui que réfute Paré (non, les plaies ne sont pas vénéneuses). Mais le thème est évidemment lié à la modernité même, nos antiques ignorant, et pour cause, ces armes nouvelles, dont la nocivité sans égale impose que des modernes se lancent sans caution à trouver des remèdes. Sans caution d'autorité et sans latin ! Comment oser parler ? L'affirmation de la parole individuelle, à la première personne, s'y revendique comme une source exceptionnelle de savoir malgré son statut inférieur : un chirurgien en lutte contre les médecins et qui le restera, un indocte que le roi doit imposer, un homme humble devant l'inconnaissable et les difficultés de son art. Il rénove les modes du savoir, en contempteur des idées toutes faites, au nom de l'expérience et de l'observation, contre les principes des livres. "J'ai vu, j'ai fait, j'ai déduit" : une chaîne démonstrative s'installe, apportant des preuves constantes et vérifiables par la description des cas, par le témoignage des acteurs ou des spectateurs, et par celui des opérés survivants, avec l'appui de noms propres et de circonstances. Sa vie, leur vie, sont même la preuve de l'excellence du traitement. » Marie-Madeleine Fragonard, Professeur de littérature à Paris III

Parution : 09/11/07


PERRET Estienne, XXV Fables des Animaux (préface de Marc Fumaroli), Paris, PUF-Fondation Martin Bolmer, Sources, 2007, 25 p.-26 feuillets
Présentation
   En 1578, dans une Anvers naguère encore capitale économique du monde occidental, désormais déchirée par les guerres entre calvinistes hollandais et catholiques espagnols, sortent des très célèbres presses de Christophe Plantin ces XXV Fables des animaux en langue française, signées d'Estienne Perret, citoyen de la ville. Elle sont somptueusement illustrées par l'un des graveurs en taille douce qu'employait l'éditeur : Abraham de Bruyn, Pierre Huys, Christophe Van den Broeck, les frères Wierix ? Le talent de l'artiste anonyme force l'admiration.
   « La coïncidence recherchée par le versificateur entre la sagesse terrienne et méfiante d’Esope et les admonitions de l’Ecclésiaste ou du Psalmiste, fait mieux comprendre pourquoi les apologues de l’esclave grec ont résisté, comme les livres sapientiaux de l’Ancien Testament, à toutes les tempêtes de l’Histoire[...]. Avec Perret, dans l'Anvers encore pantelante de l'iconoclasme calviniste et de la « Fureur espagnole », il faut apprendre à vivre aux aguets, dans un monde aussi brutal et rempli de pièges mortels qu'une ferme d'animaux sans fermier, toujours prêt d'un instant à l'autre à être égorgé en dépit de toutes les précautions. Le Christ en croix est seul à donner un sens à une humanité assiégée et persécutée par l'animalité perfide et meurtrière qu'elle porte en elle depuis Adam. » Marc Fumaroli, de l'Académie Française

Parution : 09/11/07




      Mise en ligne : 14/07/07

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