Mémoire et subjectivité (XIVe-XVIIe siècle). L’entrelacement de "memoria", "fama" et "historia"
Mémoire et subjectivité (XIVe-XVIIe siècle). L’entrelacement de "memoria", "fama" et "historia" ( Actes de la journée d'étude organisée par l'Ecole Dominique de Courcelles) , Genève : Droz, 2006, "Etudes et Rencontres de l'Ecole des Chartes", n°22, 112 p.
Si les prouesses des artes memoriae sont celles d’une mémoire artificielle, c’est la memoria, au sens limité d’évocation de faits singuliers ou d’événements, dans la mesure où elle importe à la constitution de la subjectivité, qui a été au centre des travaux de cette Journée d’étude. La memoria est un phénomène aussi bien individuel que social. L’écriture accomplit un geste mémorial, lorsque son auteur déclare qu’il favorise ou suscite la mémoire des autres passés ou présents, renommés, fameux, dont il transmet l’histoire, les histoires. En même temps et surtout, l’auteur élabore au présent sa fama tout au long de son oeuvre. Entre le livre mémorial et la manière d’agir il y a une constante tension. L’entrelacement de historia, memoria et fama a des implications d’ordre politique, idéologique, subjectif. Les articles réunis ici visent à examiner, sans prétendre à l’exhaustivité, comment des individus, dans les circonstances les plus différentes, sont amenés à construire leur mémoire et leur identité en racontant l’histoire des autres, qu’il s’agisse de pays, de groupes sociaux, d’hommes et de femmes, en faisant oeuvre de création historique, littéraire ou artistique. Renommés en leur temps, ces individus ont parfois été oubliés. Car il y a une vulnérabilité fondamentale de la mémoire, entre l’absence de la chose souvenue et sa
présence sur le mode de la représentation.
Sommaire :
D. DE COURCELLES, Mémoire et subjectivité (XIVe-XVIIe siècle) ou l’entrelacement de memoria, fama et historia.
M. ZIMMERMANN, Christine de Pizan ou la memoria au féminin.
J.-C. MARGOLIN, Mémoire, histoire et survie du « moi » au jugement d’Érasme.
J.-C. ZANCARINI, La politisation de la mémoire : les « choses dignes de mémoire » chez Machiavel et Francesco Guicciardini.
D. MÉNAGER, L’art de l’ambassadeur : rumeur, mémoire, subjectivité.
D. DE COURCELLES, Passions de femmes en mémoire, renommée et histoire d’un homme du XVIe siècle : les Epistres spiritueles du Bienheureux Jean d’Avila (Paris, 1588).
J. R. ROMERO GALVÁN, Renommée et mémoire dans la création d’une identité indigène : le cas de la Nouvelle Espagne au début du XVIIe siècle.
E. TADDIA, Histoire d’archives : une célébrité douteuse à Gênes au défi des pouvoirs civils et religieux.
E. BERMÈS, Juan Bautista Dávila : en quête de memoria et fama à travers l’image.
Mise en ligne : 24/02/07
Source : Droz
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