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Gilles Corrozet
Les blasons Domestiques contenantz la Decoration d'une maison honneste, et du mesnage estant en icelle : Invention joyeuse, et moderne, Paris, Gilles Corrozet, 1539





Nous suivons, pour l'établissement du texte, l'exemplaire de la Bibliothèque nationale de France : RES- YE- 1380





Les blasons
DOMESTIQUES CON-
TENANTZ LA DECORATION
d’une maison honneste, & du
mesnage estant en icelle :
Invention joyeuse,
& moderne.

Avec privi-
LEGE.


1539.


*On les vend en la grand salle du Palais,
pres la Chappelle de messieurs, en la
boutique de Gilles Corrozet Libraire.




ff. 2v°-5v°

Gilles Cor-
ROZET AUX
LECTEURS.


VOUS AVEZ ICY, Lecteurs, pour recréer voz gentilz esperitz, les blasons du mesnage et aultres utilitez servantes à la chose domestique et familiere, lesquelz je vous dedie par obligation de vous donner passetemps. Et combien que l’invention soit petite, toutesfoys plaisant et recreative. Je scay bien qu’aulcuns diront que je n’ay si bien escript que la matiere requiert et merite, et que ces blasons ne sont si bien painctz de leurs couleurs qu’il est justement requis. A ceulx là je pris qu’ilz m’estiment comme le painctre qui sur le tableau avec le pinceau mect la premiere couleur, et compasse les traictz et lineatures de son ouvrage, faisant le gect pour y asseoyr les aultres riches couleurs. Ainsi sont ces blasons en leurs premiers protraictz, attendantz que quelque scavante muse les entiche. Les aultres diront que je n’au l’usage et commodité d’aulcunes de ces choses blasonnées, et dient vray, dont je suis le plus marry : mais je les paieray par ung ancien proverbe, disant : La bonne volunté est reputée pour le faict. Ostez doncques toute detraction, et recepvez ce traicté joyeusement, affin que si vous n’estes bien emmesnagez par effect, vous le soyez par escript, non moins digne d’este leu, que l’aultre digne d’estre possedé.


PLUS QUE MOINS.



                 Le blason de
                  LA MAISON.

Nature forte en ce qu’elle scait faire
Pour subvenir à chose necessaire,
A enseigné aux hommes par raison
D’edifier et bastir la maison,
Pour soy defendre à l’encontre des bestes.
Des ventz subitz, orrages et tempestes.
Or est ainsi que de pluralité
De ces maisons fut faicte une cité,
Et des citez fut ung royaulme faict :
Beaucoup vault donc de la maison l’effect,
Veu que de foy petit de lieu contient,
Et touteffois grand empire soustient.
Doncques maison je te dy la premiere
[I]nvention de chose singuliere
Maison de paix, maison en qui abonde
Une grand part des plaisirs de ce monde.
Maison bastie et faicte fortement,
Sur ung tresbon et ferme fondement.
Maison construicte en ung aer de plaisance,
Ou maulvais ventz ne sont jamais nuysance.
Maison ayant sa veue et son regard
Vers Orient, et quand le soleil part
De son lever, il enlumine et lustre
Cette maison tant insigne et illustre.
Maison de pris, bien paincte à l’antiquaille,
Maison construicte avec pierre de taille.
Pierre de lyes, de marbre, et d’aultre sorte,
Ayant d’entrée une assez large porte.
Maison où sont Caves, Celiers, Estables,
Maison où sont les jardins delectables,
Chambres, Greniers, Estables, Galeries,
Lieux gracieux pour nobles seigneuries.
O maison belle, O lieu plaisant et seur,
Digne d’avoir honeste possesseur.
Pour decorer ta beaulté d’avantage :
Maison ayant estage sur estage,
Larges degrez, et la montée clere,
Logis bien faict, trop plus riche et prospere.
Que le logis de Psiches decoré,
Tant richement dedans l’asne doré.
Noble maison de tous grandz biens garnie.
Riche maison de tous meubles fournie.
Louer on doibt celluy qui t’inventa,
Car aux humains ung grand fruict apporta.


ff. 7r°-8v°

                Le blason du
                  JARDIN.

Jardin plaisant, doulx, delectable,
Jardin en tous fruictz profitable.
Jardin semé de toutes fleurs,
Painctes de diverses couleurs,
Comme le lis, la Rose franche,
L’œillet, et L’aubespine blanche,
Painctes de diverses couleurs,
Comme le lis, la Rose franche,
L’œillet, et L’aubespine blanche,
La violette humble et petite,
Le doulx muguet, la Marguerite,
Le Romarin, la mariolaine,
Le baulme qui faict bonne allaine,
Et aultres odorifferentes
En leurs vertus bien differentes,
Jardin où est et a esté
Le frais umbrage en chauld esté,
Au moyen des arbres plaisantz,
Qui empeschent les rais luysantz,
De Phoebus, affin qu’il ne jecte,
Dessus la terre à luy subjecte
Son ardeur par trop excessive.
Jardin plein de beaulté nayfve,
Où sont maintz berseaulx umbrageux
Soubz qui on joue à divers jeux,
Comme à la boulle et à la bille.
Jardin où la treille fertille
Se joinct aux berseaulx dessusdictz,
O Jardin petit Paradis,
Lieu où VENUS et ses Charites
Departent d’amour les merites,
Et où CUPIDO va marchant,
Tenant en main son dard trenchant,
Lequel il brandit et envoye,
Contre celluy qu’il treuve en voye,
Et le fiert de telle rigueur,
Que l’aultre en demeure en langueur[.]
Jardin où les arbres ramez
Sont illec plantez et semez,
Et portent fruictz de toute sorte,
Comme l’année se comporte,
Là sont Amendiers et meuriers,
Pommiers, Cerisiers, et Poiriers,
Peschiers, Pruniers, cascun si renge,
Là croist le beau pommier D’orenge,
Le Pin, le Cedre, et le Cypres,
Et l’olivier se tient aupres,
Et soubz ses arbres et rainseaulx
Courent les argentins ruysseaulx,
Remplis de differentz poissons.
Jardin paré de verds buissons,
Où les oyseaulx par leurs doulx chantz
Font retentir l’aer des beaulx champz,
Comme nature le dispose.
O beau jardin que l’on arrose,
Pour en avoir fruictz, fleurs, et fueilles,
Je te supplie que tu vueilles
A jour propice m’estre ouvert,
A celle (par ma loyaulté)
Qui passe ung jardin en beaulté.


ff. 10v°-13r°

                Blason de la
                  CUYSINE.

On a beau voir une maison dorée,
On a beau voir une chambre parée,
On a beau voir le grenier et la Cave,
On a beau voir le Cabinet tant brave,
On a beau dire, on a beau faire mine,
Si on ne void une bonne cuysine,
Il n’y a riens en la maison qui plaise,
Car la cuysine esjouyt et faict aise
Le corps humain, et la munition
Engendre au cueur grand recreation.
O que souvent plusieurs les maisons hantent
Et des seigneurs les grands logis frequentent
Non pour avoir des gens la seule grace :
Mais pour l’amour de la Cuysine grasse,
Quand il y a de chairs et de poissons
Grand quantité et de toutes facons.
En la cuysine à point bien ordonnée
Est de besoing avoir la cheminée
Plene de feu, garnie de chenetz
D’acostepotz, et de grilz assez netz,
D’une grand pelle, et tenailles serrantes.
Pour atiser les buches tresardentes.
Droict au milieu se tient la cremiliere
Où pend souvent chaulderon et chauldiere.
En la cuysine est assez convenable
D’avoir ung banc et une vieille table,
Et ung buffet à mectre la vaisselle
Qui est d’estain, et de Cuyvre, car celle
Qui est d’argent ou d’or, en Garderobe
La fault serrer de peur qu’on la desrobe.
En la Cuysine on voit pintes voller,
Quartes et brotz et vaisselle rouller,
Comme grandz platz, escuelles et assiettes
Là vont trainant Nappes et serviettes
Touailles, Torchons. Là sont Poilles, Bassins,
Pour accoustrer Cochons, Chappons[,] Poussins,
Là sont cousteaulx pour detrencher et fendre
Là ne se peult le gras mouton deffendre
Ne beuf ne Veau, qu’il ne soit mis en broche
Ou en bouillon, en ce lieu on embroche
Lievres, Connilz, Oisons, Perdrix, Faisantz,
Pigeons, Bizetz (ce sont oyseaulx plaisantz)
Là font rostis Sarcelles et Plouviers
Paons et Herons (o quelz beaulx esperviers1)
Mieulx vault cela que racines d’hermites.
Devant le feu sont les potz et marmites,
Où sont bouillis tant de divers potages
Selon les temps et differentz usages.
Là aussi sont les pouldres et espices
Boudins, Jambons, Andouilles, et Saulcisses
Les Saupicquetz pour les gens degoustez,
Le four aussi et le frians pastez
Dont tout subit les crustes sont cassées.
Là vous verrez hocher les fricassées
En lait et beure, en verius et vinaigre,
Qui treuve l’on aussi à ung jour maigre :
Là peult on veoir l’anguille et la Lamproye
Dequoy la bouchee et le ventre sont proye
Le Saulmon frais, la Carpe camusette
Le gros Brochet, la Solle frigalette
Le Marsoin gras, L’alose savoureuse
Puis L’esturgeon et la Truie amoureuse
Les ungs bouillis et les aultres rostis
Pour aguiser les humains appetis.
Sont en apres les terresteres fruictages
Tant cuitz que crudz, et les sallez fromages.
Que reste plus ? o Cuisine friande
On trouve en toy de chascune viande,
Diane y mect selon temps et saison
De ses forestz la tendre venaison.
Ceres fournit de pain, et blanc et bis.
Le dieu Bacchus au nez plein de rubis
Verse le vin, quand il en a gousté.
Car sans cela tout le reste est gasté.
Pour fin de compte (ung chascun j’en veulx croire)
Si maintes gentz avoient tel ordinaire
Sy plantureux, que nous avons icy
Ilz ne vivroient (comme ilz sont) en soucy.


ff. 16v°-17v°

                Le blason du
                  DU LICT.

Lict delicat, doulx et mollet
Lict de duvet si tresdouillet,
Lict de plume tant bonne et fine,
Lict d’ung coustil blanc comme ung Cigne,
Lict dont ce blanc coustil incite
Le dormir quand il est licite.
Lict dont le chevet est si doulx
Qu’il semble que ce soit veloux
Quand on y prent ung bon repos.
Lict à dormir apte et dispos.
Lict dont les draps (comme on demande)
Sentent la rose et la lavende.
Lict dont la riche couverture
Resiste contre la froidure,
Et musse les corporelz membres.
O lict le parement des chambres,
Lict d’honneur plein de toute joye,
Beau lict encourtiné de soye
Pour musser la clarté qui nuict.
Lict qui attendz la trouble nuict
Affin qu’on se repose et couche.
Lict soustenu en une couche
Ouvrée de menuiserie,
D’images et marqueterie.
Lict tresgentil tant qu’il peult estre,
Lict beneist de la main du prebstre,
Lict separé de tout delict
O lict pudique, O chaste lict
Où la femme et le mary cher
Sont joinctz de Dieu en une chair,
Lict somnolent, lict venerable,
Gardez votre pudicité
Et cuitez lascivité,
Affin que vostre honneur pulule
Sans recepvoir nulle macule.


1 Nous corrigeons « espreviers ».

ff. 23r°-24r°

                Le blason du
                  COFFRE.

Coffre tresbeau, Coffre mignon,
Coffre du Dressouer compaignon,
Coffre de boys qui point n’empire
Madre et jaune comme cire,
Coffre garny d’une serreure
Tant bonne, tant subtile et seure,
Que celluy sera bien subtil
Qui l’ouvrira de quelque oustil.
Coffre sentant plus soeuf que basme,
Coffre le thresor de la dame,
Coffre plein de doulces odeurs,
Et de gracieuses senteurs,
Coffre dont le chaitron tresnet,
Faict l’office d’ung Cabinet.
Coffre luysant et bien froté,
Coffre qui n’es jamais croté,
Coffre dans lequel se repose,
Le perfun mieulx sentant que Rose,
Coffre où sont mis les parementz,
Les atours et les vestementz,
Le Tetin, la Cuisse et la hanche,
Et aornent le corps et la teste,
Tant jour ouvrier que jour de feste.
Coffre où n’a point de pourriture,
Coffre exempt de vers et d’ordure,
O trespoly et joly coffre,
Qui recoys tout cela qu’on t’offre,
Ne seuffre que mecte la main
Dans toy le larron inhumain.


ff. 28v°-29v°

                Le blason du
                  MIROIR

Miroir cler et resplendissant,
Miroir plaisant, resjouyssant,
Miroir ardant de grand splendeur,
Miroir de tresbonne grandeur,
Miroir de cristal precieux
Qui tant es doulx et gracieux
Qu’à chascun tu monstres sa forme
S’elle est belle, laide ou difforme,
Et ne reffuse en ta clarté
D’aulcun la laidure ou beaulté,
Miroir d’acier bien esclarcy,
Miroir luysant qui es ainsi
Que l’eau clere qui represente
Chascune figure apparente.
Miroir de verre bien bruny
D’une riche chasse garny
Où la belle, plaisante, et clere
Se void, se mire, et considere
En regardant sa contenance
Et de son gent corps l’ordonnance,
Ses yeulx scintillans et sa face
Son fronc poly, sa bonne grace,
Sa doulce bouche vermeillette,
Son menton qui faict la fossette
Son dur tetin, ses bras gentilz,
Ses blanches mains, ses doigtz traitifz,
Et tout le reste de son corps,
Dont les membres sont bien concordz.
O Miroir je te prie cache
De mon corps la laidure ou tache,
Et de l’ornement de vertu
Me feray beau et bien vestu.


ff. 32r°-v°

                Le blason de
                  L’ESTABLE.

Estable basse qui tant vaulx
Estable à loger les chevaulx
Et les mules et les muletz
Qui sont pensez par les valetz,
Estables penchant par derriere,
Pour mieulx nectoier la lictiere,
De bois planchée par le bas,
Estable où sont Selles et bastz,
Rastellier mengeoire et estrille,
Dequoy les chevaulx on estrille,
Estable où sont la fourche et pelle
Dequoi le siens on expelle,
Hors de ce lieu, mais quand j’y songe,
J’oublie le pigne et l’esponge,
Les brides et les dorez frains
Par qui les chevaulx sont contrainctz
Voire chevaulx de toute taille
Et fusse pour faire bataille,
Pour labourer ou pour porter
Et pour l’homme aux champs supporter.


ff. 37r°-42r°

                L’honneur de
                  LA MAISON

Quand ung hostel est faict par artifice,
Pompeusement, et d’exquise facon,
Apres qu’on a bien loué l’ediffice,
L’honneur dernier en demeure au masson :
Et quand on void la dame vertueuse
Les serviteurs, et le filz et la fille,
Telle maison est riche et sumptueuse,
L’honneur en est au père de famille

                PLUS QUE MOINS

            * Fin des Blasons domestiques.



                      Contre les
                  BLASONNEURS
                    DES MEMBRES.


L’Honnesteté qui doibt estre en la bouche,
Les motz dorez que par escript on couche,
Donnent louenge et honneur non en vain,
Au bon difeur et au jufte escripvain.
Tout au contraire une parolle dicte
Laide et vilaine, ou en papier escripte,
Rend son autheur de macule taché.
Parquoy aulcuns ont ilz doncques tasché,
Se rendre obscurs perdans leur renommée.
Tant qu’en tous lieux leur personne est blasmée ?
La volupté et sensualité
Leur ont ainsi leurs cueurs debilité,
Tant et si fort que le mal par dehors,
Monstre l’effect de ce qu’est dans le corps,
Selon la chose en quoy le cueur habonde,
La bouche parle, ou soit necte ou immunde.
O qu’on dict bien proverbes evidentz,
Du sac ne sort que ce qui est dedans,
On le congnoist je ne scay quelz Rithmeurs,
Tous corrumpuz de parolle et de meurs,
Ne sont escriptz que de choses trop vaines,
En corrumpant toutes vertus humaines :
L’ung sentremect de d’escripre ung Tetin,
Et l'aultre ung ventre aussi blanc que satin
L'ung painct les yeulx l'aultre les cheveulx blondz
, L'aultre le nez, l[’]aultre les genoulx rondz
Mais plus cela tend à concupiscence
Qu'à demonstrer de beaulté l'excellence,
Las ny a il que ceulx là que i'ay dict ?
Certes si a, et si aulcun mesdict
De leurs escriptz, c'est sans faire nuysance
A leur parler et parfaifte elegance
Mais du subject c'est le plus ord et salle
Dont fut parlé jamais en chambre ou Salle.
Les noms sont beaulx qu'appropria Nature,
Aux membres bas de toute creature,
Mais blasonner ces membres veneriques,
Les exaltant ainsi que deiffiques,
C'est une erreur et une ydolatrie,
Dequoy la terre à dieu vengeance crie.
O quelz menteurs, O quelz beaulx blasonneurs,
Qui font marché si grand de leurs honneurs,
Ma plume auroit grande honte d'escripre,
Telz vilains motz, et ma bouche à le dire,
D'eulx mesmes sont en faictz et dictz honteux,
Et Cicero dict sans estre doubteux
Que tout ainsi que Nature les cache,
De les nommer aussi elle se fache,
Penfez vous poinct qui faictes ces Blasons,
Combien de gentz par vos sotes raisons
Vous abufez ? Certes la chofe est seure,
Que ces sotz motz leur engendre luxure :
Les gens de bien en sont scandalisez :
Et vous Seigneurs qui ces Blafons lisez,
Prenez la lettre et en laissez l'esprit,
Et plus ne soit tel cas mis par escript,
Car c'est l'esprit Cupido et Venus.
Et vous aussy qui pour scavantz tenus,
Estes des sotz, Estes vous dictz Poetes ?
Certes nenny, mais vous estes chouetes
Non ressemblans aux tresbaulx et blancz Cignes,
Vous n'en avez les marques ne les lignes :
Les Cignes blancz sont les oiseaulx sans vice,
Qu'au dieu Phœbus on donne en sacrifice,
Et qui sont mis pour armes pardurables
Aux escussons des poetes affables
Pour denoter que chasteté bien franche
Saincte vertu paincte de couleur blanche
Se doibt loger en cueur et en pensée,
Des escripvains, et non estre offensée.
Ceulx là ne sont Cignes, mais noirs Corbeaulx
Qui font escriptz indignes d'estre beaulx,
De telz oyseaulx la plume trop s’abaisse
Et au voller les haultes chofes laisse,
En s'amusant aux basses corruptibles.
Delaissez donc telz escriptz trop horribles,
Et ensuyvez icelluy qui blasonne,
L'effect de mort qui repos à tous donne,
Car qui de mort la souvenance aura,
Aultres blasons jamais il ne fera.
            PLUS QUE MOINS.


                   Epigrammes

                De l’image
                  D’AMOUR.

Amour est painct ainsi qu’ung jeune enfant,
Qui est tout nud et n’a vesture aulcune,
Blanc et poly, joyeux et triumphant,
Les yeulx bandez comme dame Fortune
Et comme Mort qui est à tous commune
Porte ung grand dard, dont vient les cueurs saisir,
Comme renom il volle à son plaisir.
Es champs floriz et en cité fermée,
En son ymage on peult doncques choisir,
L’enfant, la Mort, Fortune, et renommée.

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